Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
HITZA PITZ Allande Socarros

HITZA PITZ Allande Socarros

GOGOETA ASKEAK - PENSÉES LIBRES “Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre.” Georges Orwell

Partager cet article

Repost 0

L’INDE : LE FÉDÉRALISME INACHEVÉ

Allande Socarros —
Un article publié sur notre blog, le 26 janvier 2009, et intitulé : L’Inde : “Unie dans la diversité” [auteur : Ronan Blaise ; source : www.taurillon.org/] donnait de l’Union indienne – nom officiel de cet État fédéral – une vision sans doute un peu édulcorée, en particulier sur la question des aspirations à l’autonomie de certaines nationalités et, en corollaire, des revendications institutionnelles non satisfaites encore aujourd’hui.

L’annonce, fin 2009, par le gouvernement fédéral de New Delhi de l’accord pour la création d’un 29ème État fédéré au Telangana n’a pas encore été suivie d’effet. Outre l’aval du Parlement de l’État de l’Andhra Pradesh, où est englobé le Telengana, il faudra que le Parlement fédéral donne son accord à la majorité des deux tiers. Cela n’est pas acquis, car même dans une organisation fédérale comme celle en place dans l’Union indienne, il existe des conceptions que l’on pourrait qualifier de centripètes ou, en tout cas, opposées à la remise en cause du statu quo. La religion, considérée comme arme politique, est aussi une donnée qui complique la situation, les nationalistes hindous s’opposant par la violence à toute remise en question de l’architecture institutionnelle actuelle.

Le Telengana finira sans doute par obtenir gain de cause, comme le conclut le premier des articles que nous publions çi-dessous, mais d’autres nationalités souhaitent, de la même façon, prendre en main leur destinée, ainsi que nous le rapportent les deux autres textes reproduit à la suite.

La situation indienne, symptomatique d’un fédéralisme inachevé, est donc complexe et succeptible d’éruption de violences, mais, au moins, les autorités de New Delhi ont-elles le mérite d’essayer de régler les problèmes par la discussion…. ce que ne fait pas une certaine République française qui, pour autant, n’hésite jamais à donner des leçons de démocratie à tout le monde.

Etats revendiquant leur création : 1)Ladakh (rose), 2)Harit Pradesh (vert foncé), 3)Maru Pradesh (gris foncé), 4)Bundelkhand (bleu foncé), 5)Bagelkhand (bleu clair), 6)Purvanchal (violet), 7)état de langue Angika (marron), 8)Gorkhaland (rouge), 9)Bodoland (vert clair), 10)Saurashtra (gris clair), 11)Vidarbha (orange), 12)Telangana (jaune), 13)Rayalaseema (rose foncé), 14)Tulu Nadu (noir), 15)Kodagu (bleu ciel) and 16)Koshal/Koshalanchal (bordeaux).

 

Bientôt un nouvel Etat indien !

Le 10/12/2009 par Antoine Guinard

Le gouvernement indien a donné son feu vert hier [09/12/2009 – N.d.l.r] pour accorder le statut d’Etat au Telangana. Rattachée à l’Andhra Pradesh après l’Indépendance, cette région militait depuis plus de trente ans pour la reconnaissance politique de ses frontières.

C’est une victoire historique pour les régionalistes du Telangana et leur porte-drapeau politique, le Telangana Rashtra Samithi (TRS). Le gouvernement fédéral a finalement cédé à leur demande d’un Etat séparé, hier soir, alors que la ville d’Hyderabad (Andhra Pradesh, sud) était quasiment en état de siège, menacée depuis lundi  par des actions violentes.

Le Premier ministre indien Manmohan Singh et le chef du gouvernement d’Andhra Pradesh K Rosaiah ont tenu une réunion, tard dans la soirée de mercredi, au terme de laquelle la décision de créer un nouvel Etat a finalement été prise. « Le processus pour la création du Telangana va être mis en oeuvre. Une résolution [sur la question] va être présentée à l’assemblée régionale », a déclaré peu après le ministre de l’Intérieur P. Chidambaram lors d’une conférence de presse.

Cette concession de New Delhi permet de désarmorcer une situation explosive en Andhra Pradesh. La santé défaillante du président du TRS,  K. Chandrasekhar Rao, qui avait entamé une grève de la faim il y a onze jours, exacerbait la colère de ses partisans. Il a accepté de mettre fin à son jeûne à la suite de l’annonce du gouvernement.

La tension était en effet à son comble à Hyderabad, depuis quelques jours. Près de 15.000 étudiants ont défilé dans les rues de la capitale de l’Etat d’Andhra Pradesh mercredi, affichant leur soutien à la lutte pour la reconnaissance officielle de la région du Telangana. 12.500 policiers et soldats avaient été déployés dans la ville, selon le Times of India.

Le gouvernement régional avait par ailleurs interdit les rassemblements de plus de cinq personnes à Hyderabad ainsi que dans neuf autres districts de l’Etat. La police avait également investi plusieurs universités dont celle d’Osmania, un des épicentres historiques du mouvement, dont le TRS a repris le flambeau ces dernières années.

Créé en 2001, ce parti politique militait depuis exclusivement pour la sécession du Telangana, une des trois régions d’Andhra Pradesh qui comporte 10 des 23 districts de l’Etat.  Le TRS, avait appelé ses partisans à investir de force l’assemblée régionale aujourd’hui, afin de faire pression sur les députés locaux pour qu’ils votent une résolution en faveur de la scission de la région.

Le Telangana, qui signifie « terre des Telegus », faisait jadis parti de l’Etat princier le plus vaste et le plus peuplé d’Inde et possède sa propre identité culturelle. Contrairement aux autres territoires qui composent actuellement l’Andhra Pradesh, la région, dont Hyderabad fait partie, n’a jamais été sous le contrôle direct des britanniques pendant la colonisation.

Après l’Indépendance, le gouvernement de Jawaharlal Nehru a cependant décidé de regrouper les régions d’Andhra et de Telangana en un seul Etat (l’Andhra Pradesh) en 1956, allant à l’encontre des recommandations de la commission pour la réorganisation des Etats indiens.  Dès 1969, le « mouvement pour le Telangana » à pris de l’ampleur, en particulier dans les universités, comme celle d’Osmania à Hyderabad, mais a été violemment réprimé.

Le Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste hindou) avait promis, dans les années 1990 de donner au Telangana le statut d’Etat, mais son allié régional en Andhra Pradesh, le Telegu Desam Party (TDP) l’en avait empêché. La TRS avait ensuite repris le combat pour la reconnaissance de la région.

La résolution pour la création d’un nouvel Etat doit désormais être votée à l’assemblée d’Andhra Pradesh, dont 119 des 294 députés sont rattachés au Telangana. Elle devra ensuite être soumise au vote par des deux chambres du parlement indien et obtenir les deux tiers des voix pour passer. Le parti du Congrès, au pouvoir à New Delhi, ayant donné son feu vert, la création d’un 29ème Etat indien ne devrait désormais être plus qu’une question de temps.

Reste cependant à régler le problème d’Hyderabad, capitale politique et économique de l’Andhra Pradesh, qui fait géographiquement partie du Telangana. Une solution envisageable serait d’accorder à la ville le statut de « territoire », à l’image de Chandigarh.

Source : http://www.aujourdhuilinde.com

 

Le Telangana réanime les revendications autonomistes en Inde

Le 15/12/2009 par Antoine Guinard

Si ce nouvel Etat taillé dans l’Andhra Pradesh ne devrait finalement pas voir le jour avant 2014, l’annonce de sa création la semaine dernière a réveillé de nombreuses revendications similaires sur le territorie indien, mosaïque de régions aux identités distinctes. Tour d’horizon.

Le Gorkhaland

La création du Gorkhaland est une des plus anciennes revendications autonomistes indiennes. Les habitants de la région de Darjeeling, de culture népalaise pour la grande majorité, revendiquent la création d’un Etat indépendant, le Gorkhaland, depuis le début du XXème siècle. A la fin des années 1980, le Front de Libération National du Gorkhaland a vu le jour, rallumant la flamme autonomiste dans la région.

Après l’annonce de la création du Telangana, les autonomistes gorkhas ont imposé un couvre-feu de quatre jours à Darjeeling lundi, réitérant leur demande pour la séparation de cette région de l’Etat du Bengale occidental. Le député du Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste hindou) Jaswant Singh a réitéré son soutien aux régionalistes gorkhas, dont le Gorkha Janamukti  Morcha (GJM) ou Front de Libération du Peuple Gorkha constitue le fer de lance depuis 2007.

Une délégation du GJM a rencontré le ministre de l’Intérieur P Chidambaram, vendredi dernier [11/12/2009 – N.d.l.r], demandant à nouveau un Etat séparé. Le Bengale occidental a jusqu’à présent toujours refusé la création d’un nouvel Etat dans la région de Darjeeling.

 

Un nouveau morcellement de l’Uttar Pradesh ?

Un jour après l’annonce, samedi [12/12/2009 – N.d.l.r], du ministre des Finances Pranab Mukherjee, qu’aucun autre Etat n’allait être créé, la chef du gouvernement de l’Etat d’Uttar pradesh (UP, nord), Mayawati Kumari, a écrit au Premier ministre indien demandant un statut d’Etat pour le Poorvanchal. Cette région regroupe plusieurs districts de la partie est de l’UP, bordant l’Etat du Bihar à l’est, le Népal au nord et l’Etat du Madhya Pradesh au sud.

Mayawati a également réitéré une demande pour la création de l’Etat du Bundelkhand, dont le territoire est à cheval entre l’UP et le Madhya Pradesh. La lutte (pacifique) pour un Bundelkhand autonome, vieille de plus de 50 ans, est aujourd’hui encadrée par deux partis politiques : Le Bundelkhand Akikrit Party et le Bundelkhand Mukti Morcha. Peu développée, cette région qui engloble entre autres les villes de Jhansi et de Khajurao, compte 50 millions d’habitants.

Le Leader du parti régional d’opposition RLD Ajit Singh en a lui profité pour demander la création de l’Harit Pradesh, un nouvel Etat qui serait constitué de la partie ouest (la plus développée) de l’UP.

Etat indien le plus peuplé, l’Uttar Pradesh, qui signifie « province du nord », avait déjà connu un premier découpage en 2000, lorsque l’Etat d’Uttarkhand, regroupement de plusieurs districts himalayens, a vu le jour.

 

Le Vidarbha (Maharashtra)

Plusieurs députés du Parti du Congrès au Parlement ont écrit une lettre à Manmohan Singh au lendemain du feu vert pour la création du Telangana, demandant à nouveau l’autonomie du Maharashtra oriental, également connu sous le nom de Vidarbha.

La population de cette région pauvre, théâtre de près des trois quarts des suicides d’agriculteurs dans l’Etat, appelle sporadiquement, depuis les années 1960, à la séparation avec le Maharashtra, accusant le gouvernement  régional de négliger son développement. L’autonomie du Vidarbha reste pour l’heure peu probable, notamment à cause de la forte opposition du gouvernement de l’Etat, et du parti Shiv Sena en particulier.

 

Le Seemanchal et le Mithilanchal (Bihar)

Après celle de 1992, l’ancien ministre d’Etat Mohd Taslimuddin a lancé une nouvelle revendication pour la séparation de la région du Seemanchal, dont la ville de Purnia serait la capitale. Cette région est située dans l’Est du Bihar, près des frontières avec le Bangladesh, le Népal et l’Etat du Bengale occidental. Les militants d’un Mithilanchal autonome, région du Bihar qui chevauche le Seemanchal se sont également fait entendre. Le Jharkhand, région sud du Bihar, avait obtenu le statut d’Etat en 2000.

 

Quelques autres

Parmi les autres régions dont l’espoir d’autonomie a été ressuscité par  la question du Telangana : le Saurashtra au Gujarat et  la région de Coorg au sud du Karnataka,  sans oublier les nombreux mouvements tribaux du nord-est de l’Inde.

Malgré la résurgence de ces revendications, depuis la semaine dernière, le parti du Congrès a  pour l’heure écarté d’envisager la création d’une seconde commission pour la réorganisation des Etats.

Source : http://www.aujourdhuilinde.com/home.asp

 

Ces régions indiennes qui militent pour la séparation 22/12/2009

Après la création de l’État du Telangana, d’autres régions de l’Union indienne souhaitent une nouvelle répartition de leur espace.

 

Une démarche à la Gandhi. Lorsque K. Chandrashekar Rao, dirigeant d’un petit parti telugu, a entamé, fin novembre, sa grève de la faim – une arme utilisée à maintes reprises par le Mahatma – pour obtenir la création de l’État du Telangana, il était loin d’imaginer qu’à Delhi le gouvernement central céderait si vite. Rao n’aura jeûné que onze jours.

La victoire de ce que l’on appelle ici le «T-Movement» est un peu celle des pauvres sur les riches, des basses castes sur celles des propriétaires terriens. Certains allant jusqu’à affirmer que l’État du Telangana sera unique en Inde, du fait qu’il finira par être dirigé par des leaders issus des basses castes ou des minorités.

 

Boîte de Pandore. «Ce ne sera peut-être pas le cas au début, confie le professeur Haragopal, mais au Telangana, la société civile est extrêmement active et bien organisée ; peu à peu, les gens ne voteront plus systématiquement pour des politiciens issus des hautes castes, comme par le passé».

Le feu vert de New Delhi à la création du Telangana a ouvert la boîte de Pandore. Découpés après l’indépendance, en 1947, selon des critères pas toujours très logiques, souvent de nature linguistique, certains États de l’Union indienne sont immenses. Trop grands pour être bien gérés. C’est d’abord le cas de l’Uttar Pradesh, dans le nord du pays, qui compte près de 200 millions d’habitants.

«Ingouvernable !», juge Mayawati, la Chief Minister de l’État, qui réclame un redécoupage administratif. Dans d’autres États, plusieurs régions militent depuis longtemps en faveur de la séparation, s’estimant spoliées de leurs richesses naturelles par les gouvernements régionaux. Mais tous les dirigeants locaux n’y sont pas favorables.

Au Bengale-Occidental, Buddhadeb Bhattacharya, le chef du gouvernement de Calcutta, veut bien donner «un peu plus d’autonomie» à la région du Darjeeling, mais il ne veut pas entendre parler de la création d’un «Gorkhaland». C’est pourtant ce que réclame le Gorkha Janmukti Morcha (GJM), un mouvement en faveur de la création d’un État pour la communauté Gorkha. «Notre lutte pour un État séparé est aussi vieille que celle du Telangana», plaide Roshan Giri, le secrétaire général du GJM.

Les Gorkhas ont plusieurs revendications : ils estiment que Calcutta leur «vole» une partie des revenus de la culture du thé ; venue du Népal du temps du British Raj [Gouvernement colonial britannique – N.d.l.r], la communauté gorkha se sent aussi culturellement différente des Bengalis. Dès l’annonce de la création du Telangana, nombre de militants du GJM ont entamé une grève de la faim. Ils l’avaient achevée il y a quelques jours, avant la reprise d’un nouveau round de négociations avec Calcutta et Delhi. Mais ces dernières discussions viennent d’échouer et l’on peut s’attendre à un nouveau bras de fer.

Sourcehttp://www.lefigaro.fr/

sur wikipedia anglais: un article sur les revendications de création d’Etats de l’Inde

Partager cet article

Repost 0