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HITZA PITZ Allande Socarros

HITZA PITZ Allande Socarros

GOGOETA ASKEAK - PENSÉES LIBRES “Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre.” Georges Orwell

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L’OCCITANIE : DEUX PROJETS POLITIQUES POUR LE RENOUVEAU D’UNE VIEILLE NATION

Allande Socarros —
 

Dans la continuité de notre série concernant les projets politico-institutionnels ou propositions de statuts d’autonomie pour des pays sous tutelle de la République Française, nous vous proposons d’aller voir aujourd’hui du coté de l’Occitanie. Dans cette vieille et vaste terre, à la tradition démocratique bien plus ancienne que celle de l’auto-proclamée «Patrie des Droits de l’Homme», existe, à notre connaissance, deux structures politiques que l’on peut qualifier d’autonomistes ou assimilés : le Partit Occitan (PO) et le Partit de la Nacion Occitana (PNO). Le premier est membre de la fédération ‘Régions et Peuple Solidaires’ (RPS), dont font partie, entre autres, EAJ-PNV (Euskal Herria), le PNC (Corse) et l’UDB (Bretagne). Le second est un mouvement assez ancien – crée en 1959 –, dont l’un des fondateurs et le pilier idéologique fut François Fontan, promoteur du concept de l’etnisme.

Les deux sensibilités, bien qu’apparemment politiquement proches, ont élaboré chacune un projet politico-institutionnel : le PO, sous forme d’un «Projet de statut d’autonomie pour l’Occitanie» datant de 1980 ; le PNO, sous la dénomination d’un « Programme national » adopté en 2009. Pour ce qui est du PNO, il faut préciser qu’il ne revendique pas stricto-sensu la mise en place d’une autonomie occitane, mais l’avènement d’une « République fédérale occitane, souveraine, membre de l’Union Européenne et de l’ONU ».

Deux revendications politico-institutionnelles aux caractèristiques très similaires dans un pays où l’expression politique pour une émancipation occitane a du mal, au moins en apparence, à rencontrer une large adhésion populaire… On dit qu’abondance de biens ne nuit pas, mais, en l’occurrence, on peut se demander si cela concourt à éclairer des consciences profondément colonisées et éclatées en particularismes et donc aux antipodes d’un sentiment d’appartenance à une Nation privée de ses droits fondamentaux. Quand au «Gouvernement Provisoire Occitan» inspiré et constitué, au moins en partie, par le PNO, sans aucunement prétendre donner des leçons, on peut tout de même se demander si la plus judicieuse des stratégies politiques est celle de commencer par la fin ?

Néammoins, à la lecture des documents que nous reproduisons çi-après, les mouvements politiques abertzale constitués en Pays Basque nord, auraient tort de les considérer avec commisération. En matière d’organisation et de travail politique, la situation de délitement dans laquelle se trouve, depuis bien des années maintenant, le mouvement abertzale, ne l’autorise certes pas à servir d’exemple ailleurs. Ce qui constitue la réalité abertzale et son influence indéniable dans la société du Pays Basque nord, c’est la grande et importante implication de militants – ce terme n’étant pas forcément à prendre dans son sens politique – dans tous les secteurs qui concourent à faire vivre ce pays. La grande majorité de ces abertzale, acteurs de la sociéte dans laquelle ils vivent et qui ne passent pas leur temps à refaire le monde en petit comité et en cercle fermé, font tout ce qu’il peuvent avec les limites inposées par les structures – institutionnelles en particulier – dans lesquelles ils sont impliqués. Ils font au maximum, de manière isolé, sans cadre politique fédérateur auquel ils pourraient en permanence se référer, sur lequel ils pourraient s’appuyer.

Alors, pour ce qui est de la défense et de la promotion de nos droits nationaux, pour l’écho et l’influence que nous avons dans la société, nous sommes certes plus en avance que les occitans… mais il semblerait bien que nous ayons arrêté de progresser sur la voie de l’émancipation, de la prise en main de nos affaires, du devenir collectif, de la possibilité de choisir… en un mot : de l’autonomie.

 

Allande SOCARROS

"Les occitans ne se sont pas d’abord définis par leur langue mais par leur civilisation qui a donné à l’europe les troubadours, l’idée que les hommes sont égaux en droit, une tolérance raciale et religieuse et un nouvel amour qui voit la première promotion morale et sociale de la femme.

Occitan est un néologisme créé par la chancellerie française royale à la fin de la croisade contre les albigeois.

L’occitanie désigne l’ensemble des terres sur lesquelles on parle la langue d’OC. au départ il s’agit d’une création coloniale du roi de France. Maintenant c’est un symbole de reconquête pour ceux à qui on a fait croire que leur langue n’était qu’un patois, une sous-langue parlée par des paysans ignares.

Cette langue est de plus en plus réapprise par la jeunesse d’occitanie ; elle est encore parlée régulièrement par au moins 2 millions de personnes et comprise et parlée eventuellement par environ 6 millions de personnes qui “ont l’accent” et qui peuvent très vite reconquérir leur langue.” ( citation tirée du site: http://christian.esteve.pagesperso-orange.fr/ocmenu.htm)

Projet de Statut d’Autonomie pour l’Occitanie (1980)

 

PROJET DE LOI ORGANIQUE PORTANT STATUT DE LA COMMUNAUTÉ AUTONOME D’OCCITANIE

Article 1

En vertu de l’article 72 de la Constitution de la République, il est créé, sur la totalité de l’aire d’extension de la langue occitane, une collectivité territoriale prenant le nom de « Communauté Autonome d’Occitanie ».

Article 2

Les établissements publics régionaux Aquitaine, Auvergne, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Limousin, Provence-Côte d’Azur sont supprimés. Les divisions administratives internes de la Communauté Autonome d’Occitanie sont fixées par la loi après accords des institutions de la Communauté.

Article 3

La présente loi détermine les institutions de la Communauté Autonome d’Occitanie, les compétences respectives de l’État et de la Communauté Autonome, les moyens et services assurant l’exercice de ses compétences, les règles d’application du Statut.

 

TITRE PREMIER : LES INSTITUTIONS

Article 4

La Communauté Autonome d’Occitanie exerce les compétences qui lui sont reconnues dans le cadre du présent statut par l’intermédiaire des élus à l’Assemblée de Communauté et aux Conseils Régionaux ainsi qu’à leurs organes exécutifs.

Article 5

L’Assemblée de la Communauté Autonome est élue au suffrage universel direct sur la base d’un double collège électoral. Les représentants du «Collège général» sont élus par l’ensemble des citoyens électeurs au scrutin de liste régional et à la proportionnelle. Les représentants du «Collège économique et social» sont élus, par secteur d’activité, au scrutin de liste régional à la proportionnelle. Les secteurs d’activité pris en considération sont: le secteur de la production agricole, celui de l’industrie, celui des services, le secteur privé et le secteur culturel. L’Assemblée siège et délibère, les représentants des deux collèges confondus. Pour chacun des collèges, le nombre des élus dans chacune des régions est fixé en tenant compte de l’importance numérique relative de leurs populations respectives. La répartition des sièges du collège économique et social entre les différents secteurs d’activité est faite en fonction de l’importance relative de chacun des secteurs au sein de la région. Le mandat de membre de l’Assemblée de Communauté est incompatible avec tout autre mandat électif relevant du suffrage universel.

Article 6

L’Assemblée de Communauté désigne, parmi les élus du Collège général, un «Conseil Exécutif de la Communauté Autonome» composé de 15 membres. Le Conseil Exécutif désigne son président pour la durée de son mandat (un an). Le président assure la représentation de la Communauté Autonome. Le Conseil exécutif est chargé de la préparation et de l’application des décisions de l’Assemblée. II négocie avec le gouvernement les accords prévus dans les domaines de compétence partagée et les soumet à l’approbation de l’assemblée.

Article 7

Dans chacune des régions, les élus des deux collèges siégeant confondus constituent le “Conseil Régional”. Le Conseil Régional désigne en son sein, parmi les élus du collège général un Bureau Exécutif compose de 5 membres. Les fonctions de membre du Bureau exécutif régional sont incompatibles avec celles de membre du Conseil Exécutif de la Communaute Autonome. Le Bureau Exécutif régional est chargé de la préparation et de l’application des décisions du Conseil Régional. II négocie les accords inter-régionaux et les soumet à l’approbation du Conseil Régional. Le Bureau Exécutif désigne son président qui assure la représentation de la Région.

Article 8

La durée du mandat est fixée à cinq ans. Le nombre et le statut des élus à l’Assemblée de Communauté et aux Conseils Régionaux sont déterminés par l’Assemblée de Communauté; provisoirement par l’Assemblée constitutive prévue à l’article 21. Les deux assemblées établissent leur règlement intérieur et fixent la date et la durée de leurs sessions.

Article 9

L’Assemblée de Communauté détermine, dans les domaines de compétence exclusive de la Communauté Autonome, les règles générales intéressant l’ensemble du territoire de la Communauté. Elle approuve les accords passés avec le Gouvernement dans les domaines de compétence partagée.

Article 10

Le Conseil Régional délibère et statue sur toutes les questions propres à la Région, dans le respect des décisions générales de l’Assemblée de la Communauté Autonome. II approuve les accords passés par son Bureau exécutif avec les régions voisines.

 

TITRE SECOND : LES COMPÉTENCES

Article 11

Dans les domaines ci-après définis, la Communauté Autonome d’Occitanie exerce librement et exclusivement sa compétence, dans le respect des prérogatives de l’État, par ses institutions prévues au Titre premier : Infrastructures générales et aménagement de l’espace; Mise en valeur et politique agricoles, industrielles, artisanales et touristiques; Contrôle des sources d’énergie et des matières premières; Epargne, crédit, commerce ; Patrimoine foncier ; Maintien de l’ordre ; Culture, Loisirs.

Article 12

La compétence de l’Etat s’exerce de manière libre et exclusive, sous réserve des droits fondamentaux de la Communauté Autonome, dans les domaines suivants: Affaires étrangères, représentation diplomatique; Défense ; Monnaie ; Police judiciaire ; Statut des personnes.

Article 13

Dans les domaines ci-après mentionnés, I’exercice des compétences est partagé entre l’État et la Communauté Autonome: Fiscalité ; Justice ; Enseignement et formation ; Information radio-télévisée ; Commerce extérieur, douanes ; Transports ; Postes et télécommunications ; Énergie ; Fonction publique ; Législation sociale, santé.

Article 14

Toute autre matière ne relevant ni de la compétence exclusive de l’État, ni des compétences partagées, sera de la compétence exclusive de la Communauté Autonome. Dans les domaines de compétence exclusive de la Communaute Autonome ou de l’État, des accords peuvent être passés avec le gouvernement.

 

TITRE TROISIÈME : MOYENS ET SERVICES

Article 15

Sauf dans les domaines relevant de la compétence exclusive de l’État, les administrations et services administratifs sont placés sous la tutelle des institutions de la Communauté Autonome. Dans les domaines de compétence partagée le Gouvernement contrôle l’application des accords par l’intermédiaire de ses délégués prévus à l’article 18.

Article 16

Dans les domaines où s’exerce sa compétence, la Communauté Autonome utilise tous les instruments juridiques et crée tous les services administratifs et techniques propres à assurer la préparation et la mise en œuvre de ses décisions.

Article 17

Les ressources de la Communauté Autonome sont constituées par:  La part de la Communauté dans les impôts directs et indirects prélevés sur son territoire ; Les taxes spéciales instituées sur certains biens ou activités ; Les produits ou revenus de ses biens et les redevances pour services ; Les emprunts ; Les crédits d’État destinés à assurer la participation de celui-ci aux programmes d’équipements et de développement intégrés des programmes d’État ; Les dotations assurant, par péréquation entre les collectivités territoriales, le rattrapage des retards de développement de certaines d’entre elles.

 

TITRE QUATRIÈME : L’APPLICATION DU STATUT

Article 18

Pour l’application du présent statut, un délégué général permanent représente le Gouvernement auprès de la Communauté Autonome. Dans chacune des régions, le Gouvernement est représenté par un délégué régional. Ces délégués, par contrôle a posteriori, veillent au respect des prérogatives propres de l’État ainsi qu’au respect des accords passés entre le Gouvernement et la Communauté Autonome.

Article 19

Tout litige concernant l’application du présent statut sera soumis au Conseil d’Etat.

Article 20

Toutes dispositions législatives ou réglementaires contraires au présent Statut sont inapplicables sur le territoire de la Communauté Autonome.

Article 21

Dès le vote de la présente loi, les électeurs de la Communauté Autonome seront appelés à élire au scrutin de liste à la proportionnelle une Assemblée Constitutive provisoire chargée de prendre les mesures nécessaires à la mise en place des institutions prévues au Titre II.

Source : http://partitoccitan.org/article8.html?lang=oc

 

Programme National / Programa Nacional

Nouveau programme PNO adopté au Conseil National de Sète, le 10 mai 2009

1) L’Occitanie est une nation, dont le territoire a été au cours de l’histoire, par alliances ou par la force des armes, annexé par d’autres nations. Ce territoire est actuellement administré par les états français, italien et espagnol sur le plan politique, économique, social et culturel.

L’Occitanie n’a jamais réussi à se constituer en état unitaire englobant tout l’espace où la langue occitane est parlée (malgré l’extension du royaume d’Aquitaine et la tentative de création d’un état occitano-catalan tuée dans l’oeuf à Muret). En Occitanie, le seul territoire indépendant actuellement est celui de l’Etat monégasque.

Au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le Parti de la Nation Occitane revendique, à terme, la création sur ce territoire pacifiquement réunifié d’une République fédérale occitane, souveraine, membre de l’Union Européenne et de l’ONU. Cette République sera l’aboutissement d’un processus d’émancipation nationale qui pourrait se réaliser par étapes (regroupement de régions, large autonomie interne, fédéralisation des états existants), morceau par morceau, peu à peu.

Certaines parties de l’Occitanie pourraient parcourir ces étapes plus vite que d’autres et devenir indépendantes en coexistant avec d’autres qui demeureraient pour un temps sous colonisation étrangère.

2) Le Parti de la Nation Occitane soutient toute politique visant à accroître dans tous les domaines, l’autonomie et la coopération entre les régions, départements et pays historiques occitans dans l’Etat français, le Conseil Général d’Aran et les vallées occitanes de la région Piémont en Italie, jusqu’à la libération complète de leur tutelle coloniale. Les régions occitanes actuelles dans l’Etat français doivent être redécoupées, notamment en incluant les zones occitanes périphériques (rattachement du Confolentais au Limousin; création d’une nouvelle région Drôme-Ardèche, etc.) et en créant des régions Euskadi Nord et Catalogne Nord.

Le regroupement de régions occitanes est envisageable à condition qu’il ne se fasse pas de manière technocratique mais que les populations concernées soient consultées par voie de référendum. La revitalisation de l’espace central de l’Occitanie nécessite la création d’une région Guyenne, de Bergerac à Mende. Partenaires de leurs voisines européennes, elles doivent pouvoir également s’allier à celles-ci dans des euro-régions à vocation économique, culturelle et scientifique. Les 11 vallées occitanes de la Région Piémont en Italie doivent être constituées en une région occitane autonome à statut spécial. De même le Val d’Aran occitan devra dans un premier temps devenir autonome par rapport à la Généralité de Catalogne.

3) Au niveau local, cette affirmation identitaire doit également se faire sentir par la restructuration de l’espace à travers les petits pays, notamment historiques.  Seuls échelons de proximité après la commune, ces microrégions, en tant que bassins de vie et d’emploi doivent être également des vecteurs de cohésion sociale.  Rouage privilégié du centralisme parisien et de ses relais locaux, le département est appelé à disparaître ou bien à devenir une antenne locale de la région.

4) Des régions occitanes aux pouvoirs considérablement renforcés, dotées d’importants moyens financiers les rendant comparables aux «autonomies» de l’Etat espagnol, pourront en concertation étroite avec la population et les responsables socio-économiques, impulser le développement économique et aménager le territoire en tenant compte du sous-équipement et de la désertification de vastes zones d’Occitanie, situées en dehors de l’axe Bordeaux-Nice. Cela passe par un rééquilibrage des transports entre la route, le rail (lignes est-ouest, généralisation du ferroutage), le transport fluvial et l’avion. Les investissements prioritaires à réaliser devront se faire dans le respect de l’environnement et des patrimoines naturel et culturel. Une collaboration de plus en plus étroite entre les régions permettra d’éviter les investissements faisant double emploi.

5) Ces investissements nécessitent d’importantes ressources financières dont elles disposeront en levant l’impôt sur place et en reversant aux institutions françaises et européennes une part négociée. La coopération entre les régions occitanes induit une solidarité économique.  L’épargne doit être mobilisée sur place afin que les citoyens occitans aient le sentiment de participer activement au développement régional.

La part de l’état dans la gestion des ressources du sous-sol, des grands moyens de production d’énergie, des infrastructures autoroutières et ferroviaires doit être transférée aux régions pour leur permettre, entre autre, de désenclaver les zones mal desservies par le réseau routier et ferroviaire.

6) Les pouvoirs publics occitans interviendront, autant qu’ils le peuvent, pour un développement économique durable, créateur d’emplois : – par la recherche et l’impulsion de nouvelles filières (protection de l’environnement, énergies nouvelles et renouvelables [solaire, éolien etc.]) La promotion de ces nouvelles filières ne signifie pas l’abandon d’énergies comme le pétrole pour lequel les forages doivent continuer, le gaz (dont les réserves semblent prometteuses en Provence). Le nucléaire doit être limité en raison des problèmes liés à l’extraction de l’uranium et au stockage des déchets. – par le soutien aux initiatives privées individuelles et collectives (coopératives notamment) – par la promotion des productions occitanes, notamment à l’exportation, en s’appuyant sur les points forts et toutes les potentialités de l’économie occitane en matière d’agriculture, d’agro-alimentaire, d’énergie, de technologies avancées etc.

Cette volonté de développement visera en priorité les zones les plus défavorisées. L’objectif prioritaire est de faire en sorte que les habitants de la région soient suffisamment qualifiés pour pouvoir s’intégrer dans le marché local du travail si tel est leur désir et que les entreprises régionales occitanes soient suffisamment compétitives pour être bien placées, notamment dans les appels d’offre pour les marchés publics.

7) Dans un proche avenir les régions et les autres collectivités occitanes devront consacrer à la valorisation et à la promotion de la langue et de la culture occitane au moins autant de ressources que pour la langue et la culture française (respectivement italienne ou espagnole pour les collectivités rattachées à l’état italien ou espagnol et monégasque pour la Principauté de Monaco). La reconnaissance des langues «régionales» dans la constitution française et dans la loi peut ouvrir la voie à l’officialisation de l’occitan et à la généralisation de son emploi dans la vie publique. La connaissance de l’occitan sera un plus pour l’accès aux postes de la fonction publique.

L’enseignement, que le Parti de la Nation Occitane souhaite placé sous la responsabilité des régions, sera progressivement entièrement organisé selon le modèle bilingue d’immersion précoce (ce qui n’exclut pas l’apprentissage des langues étrangères). Il devra apporter à tous les enfants la maîtrise de la langue occitane et une ouverture vers les langues et cultures de plusieurs autres peuples. Un service public de formation des adultes à la langue et à la culture occitanes sera organisé par les régions pour répondre à la demande de récupération de l’identité nationale, la demande d’intégration des populations nouvellement installées, et aux besoins induits par la généralisation de l’occitan dans la vie publique.

Un enseignement supérieur et une recherche scientifique autonomes et largement décentralisés seront sollicités pour accompagner cette politique de renaissance linguistique.Le Parti de la Nation Occitane est conscient que le processus de récupération et de socialisation de la langue occitane sera long. Il peut être impulsé par les pouvoirs publics occitans mais son succès dépendra avant tout des Occitans de souche ou d’adoption.

8) L’Occitanie est une terre d’accueil pour les immigrés du Sud (en particulier du Maghreb pour des raisons historiques) et du Nord (Français et ressortissants d’autres pays de l’Union européenne). Leur bonne intégration passe forcément pour l’instant par la connaissance de la langue de la République française, le français, mais à terme elle passera aussi par la connaissance de l’occitan qui devra être un plus pour les postulants à un emploi public. Elle passe aussi par le respect des règles de vie commune dans une société démocratique et exclut le communautarisme.

9) Conscients de la fragilité de la biosphère, du réchauffement climatique dont l’activité humaine est en partie responsable et de ses conséquences prévisibles admises par la majorité des scientifiques, le Parti de la Nation Occitane entend léguer aux générations futures une Occitanie vivable. Le développement économique et culturel doit être accompagné d’une réelle politique de l’environnement. La sauvegarde des milieux naturels fragiles doit aller de pair avec la recherche d’un taux de pollution réduit au minimum grâce à l’utilisation d’énergies propres et renouvelables autant que possible. Croissance économique et respect de l’environnement ne sont pas incompatibles. La recherche et l’utilisation d’énergies vertes sera fortement créatrice d’emplois en Occitanie. Les sciences et les techniques sont à mobiliser dans cette direction.

10) L’initiative individuelle et collective, notamment de type coopératif, dans le cadre d’un système d’économie mixte, semble apte aujourd’hui à assurer le développement harmonieux de notre pays. La priorité des pouvoirs publics occitans nationaux et régionaux ne sera pas de gérer les entreprises mais d’aider celles qui créent des emplois sur place et contribuent au développement économique local.

L’Etat de la République fédérale occitane aura également pour mission de : – Maintenir l’ordre public – Gérer la fonction publique qui ne doit pas avoir un poids excessif par rapport au secteur privé – Garantir le système de retraites qui devra évoluer en fonction du vieillissement de la population. – Veiller à la solidarité intergénérationnelle et à la prise en charge de la dépendance. – Assurer le renouvellement des générations en donnant le choix aux parents entre un salaire parental et l’accès au système de garde de la petite enfance. – Garantir avec les partenaires sociaux, un système de protection sociale équitable (assurance maladie et chômage) dont le coût soit supportable par la collectivité. – Garantir la solvabilité du système bancaire en accord avec ses partenaires européens et veiller à ce que les banques soutiennent la création des entreprises et financent les investissements des PME et des PMI.

11) Une République fédérale occitane devra, selon le Parti de la Nation Occitane, être solidaire des luttes menées démocratiquement et pacifiquement pour leur émancipation par les diverses nationalités. Pour pouvoir exprimer tout leur potentiel économique, culturel et social, les peuples doivent pouvoir jouir de la plus large autonomie possible et exercer leur droit à l’autodétermination. Sans attendre ce stade, dans l’immédiat, l’Etat français doit signer et appliquer les textes en faveur des nations sans état et donc, entre autres, ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires et la convention européenne pour la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe.

12) Favorables à une construction européenne raisonnable, le Parti de la Nation Occitane entend voir limitées au maximum les décisions bureaucratiques prises au nom des peuples, en vertu du principe de subsidiarité. Les peuples doivent être consultés sur tous les sujets d’envergure engageant leur destinée. Au sein de l’Union Européenne, la dimension ethnoculturelle doit être véritablement prise en compte. Le Parti de la Nation Occitane appelle de ses voeux l’accession à l’indépendance des peuples de l’outre-mer français (Antillais, Guyanais, Kanaks, Maoris, Mahorais et Corses). Dans le même ordre d’idées, il soutient fraternellement les aspirations à la liberté des autres nations sans Etat. Rendre leur liberté à tous les peuples sans exception, c’est oeuvrer pour la paix. La paix, ce n’est pas un protectionnisme illusoire et un repli sur soi fauteur de guerre commerciale et de régression du niveau de vie, c’est la redéfinition des relations économiques internationales sur des bases équitables pour une plus grande solidarité et une meilleure compréhension entre les peuples. L’Occitanie, historiquement terre de passage et d’ouverture n’a pas vocation à vivre en autarcie. Elle aura des relations avec toutes les autres nations du monde.

 

Programa OCCITÀNIA LIURA e INDEPENDENTA

Programme OCCITANIE LIBRE et INDEPENDANTE

Nòstras prepòstas/ Nos propositions :

Économie

Un fond d’épargne et d’investissement régional sera créé.

Pour favoriser l’accession à la propriété des personnes à faible ou moyen revenus, habitant ou ayant habité dans la région.

Pour soutenir des projets conformes à  un véritable schéma de développement.

Pour permettre ou mettre en place des services publics en zones rurales, afin d’arrêter la désertification des campagnes.

Pour aider à la création d’entreprises dans les quartiers des zones urbaines en difficulté.

De nouvelles zones franches seront envisagées dans toute la région afin de réduire le chômage.

Obtenir un réel transfert de moyens entre l’état et la région.

Comme chez nos voisins catalans, 30% au moins de l’impôt  doit rester à la région, ce qui lui donnera des moyens réels.

Agriculture – Monde rural

La région doit augmenter ses aides financières.

Pour la promotion de nos produits agricoles, valorisation des produits de pays.

Pour favoriser la reprise ou l’installation d’exploitations respectueuses de l’environnement.

La loi EVIN doit être réformée pour favoriser notre viticulture.

Transports

Une véritable politique doit être mise en place.

Pour le désenclavement des zones rurales et de montagne des Pyrénées, Massif Central et Alpes.

Faciliter la circulation sur la « transoccitane » de Nice à Bordeaux et sur les axes perpendiculaires que sont Bayonne-Pau-Bordeaux, Toulouse-Limoges, Montpellier-Clermont-Ferrand, Marseille-Valence, Nice-Gap.

La liaison TGV depuis la vallée du Rhône vers le reste des régions occitanes voisines ne doit plus être retardée.

Le ferroutage et les transports maritimes doivent être organisés pour délester des autoroutes saturées.

Énergie – recherche

La diversification des ressources énergétiques doit être recherchée.

La recherche et l’énergie solaire sont des atouts qui doivent être développés.

Médias et Culture

Selon l’article 1 de la constitution, l’État français est un « État régionalisé« . Ce principe constitutionnel doit s’appliquer à l’ensemble des médias.

Création de chaînes de télévision émettant exclusivement en occitan, ainsi que d’un conseil inter-régional de la culture occitane.

Nous généraliserons la signalétique routière en occitan.

Une impulsion sera donnée aux sports régionaux traditionnels.

Tourisme

Le tourisme culturel, mieux réparti dans le temps et l’espace doit être recherché.

Le tourisme de masse doit être maîtrisé, son coût pour la collectivité est très lourd pour des bénéfices mal répartis et la priorité doit être donnée au tourisme vert et rural, respectueux de l’environnement et créateur d’emplois ruraux.

Organisation administrative

Une meilleure organisation administrative de la région doit être recherchée.

Les régionalistes pèseront de tout leur poids pour que l’intercommunalité  se fasse dans le respect de la liberté des communes.

Pour être efficaces les administrations départementales doivent être regroupées sous le contrôle de la région qui seule peut offrir une politique d’ensemble.

 

Plaquette du P.N.O en PDF : http://p-n-o.org/Plaqueta_PNO_2007.pdf

 

Source : http://p-n-o.org

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