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HITZA PITZ Allande Socarros

HITZA PITZ Allande Socarros

GOGOETA ASKEAK - PENSÉES LIBRES “Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre.” Georges Orwell

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LE VAL D’AOSTE

Allande Socarros —

Le Val d’Aoste constitue sans doute la plus petite communauté autonome d’Europe occidentale, que ce soit en terme de superficie territoriale – 3.300 Km2 – que de population – 126.000 habitants. Son organisation en région autonome est concomitante à la naissance de la République italienne, succédant au régime fasciste qui avait tout tenté pour éradiquer la spécificité valdotaine. 

185px-valle_daosta-stemmasvgUne autonomie ancienne donc, qui, parmi ses attributs les plus importants, comporte le caractère co-officiel – avec l’italien – de la langue française et du francoprovençal. Mais, il faut bien reconnaître qu’il y a loin de la coupe aux lévres, car – de fait – la place de ces deux langues dans la vie sociale est tout à fait marginale, étouffées qu’elles sont par l’hégèmomie de la langue italienne.

Il semblerait que la responsabilité de cet état de fait soit à partager entre les responsables des institutions autonomes et la population elle-même qui ne montre pas de grandes dispositions à sortir de cette situation de diglossie et se contente d’une utilisation domestique du français et du franco-provençal.

Là encore, nous pourrions trouver matière à tirer d’utiles enseignements, le premier d’entre eux étant que les institutions ne sont rien en elles mêmes si on ne leur assigne pas un rôle politique, dans le domaine de la normalisation linguistique entre autres. Autrement dit, l’essence d’une autonomie dépend de la conscience et de la volonté d’une population et des dirigeants qu’elle se choisit.

 

 

Le Val d’Aoste : autonome depuis 1948

 

italy_regions_aosta_valley_mapSituée au Nord-Ouest de l’Etat italien, au pied du massif du Mont Blanc, côté italien, la région du Val d’Aoste s’étend sur 3.300 km2, au carrefour des routes transalpines. Le Val d’Aoste comptait 125.979 habitants au 31 décembre 2007, répartis de façon inégale sur le territoire : la densité de population est de 37 habitants par km2 et la capitale, Aoste, compte 34.672 habitants. Le Val d’Aoste compte 73 communes, elles-mêmes regroupées au sein de 8 « communautés de montagnes ».

 

Histoire

 

Si les premières communautés humaines recensées historiquement remontent au néolithique, le premier peuplement mentionné par les conquérants romains est la tribu des Salasses, issus des envahisseurs celtes (jusqu’au Ve s. av. JC) et des populations indigènes. La défaite des Salasses face à l’Empire romain (25 av. JC) est à l’origine de la fondation d’Augusta Praetoria, devenue Aoste. Intégrée au royaume franc, puis au royaume bourguignon, la Vallée d’Aoste passe en 1032 sous la domination de la maison de Savoie, qui s’attachera au cours des siècles suivants à garder le contrôle sur la région en accordant des franchises aux communautés urbaines et rurales, conférant par là-même un fort particularisme politique à la vallée.

 

Cette spécificité ne cessera véritablement qu’au XVIIIe siècle. Occupée par les troupes révolutionnaires en 1796 et incorporée à la République française en 1798, la Vallée d’Aoste fit partie de l’Empire français de 1804 à 1814, avant de retourner, après le congrès de Vienne, sous le contrôle du royaume de Sardaigne, devenu par la suite royaume d’Italie. La période fasciste est marquée par une italianisation forcée des populations locales et par une forte immigration italienne. A la création de la République italienne, un régime particulier d’autonomie est conféré à la région, du fait de son particularisme culturel.

 

Institutions politiques

 

Le Statut d’autonomie de 1948 a eu pour effet de transférer les compétences de la «Province» à la «Région autonome». Le système politique valdôtain, issu du statut d’autonomie de 1948, repose sur une assemblée régionale (le Conseil régional ou Giunta), qui compte 35 membres), chargé de l’élection du gouvernement régional. Celui-ci est dirigé par un président, entouré d’assesseurs (équivalents de ministres). L’organisation actuelle du gouvernement autonome de la Vallée d’Aoste est la suivante :

 

Présidence de la Région

 

Assessorat de l´agriculture et des ressources naturelles

 

Assessorat des activités productives

 

Assessorat du budget, des finances et du patrimoine

 

Assessorat de l´éducation et de la culture

 

Assessorat des ouvrages publics, de la protection des sols et du logement public

 

Assessorat de la santé, du bien-être et des politiques sociales

 

Assessorat du territoire et de l´environnement

 

Assessorat du tourisme, des sports, du commerce et des transports

 

Le mouvement autonomiste et fédéraliste historique, L’Union Valdôtaine, a remporté les élections régionales qui se sont déroulées le 25 mai 2008 en obtenant 44,39% des suffrages, ce qui représente 17 sièges au sein du Conseil de la Vallée. Avec les deux autres forces politiques formant la coalition autonomiste – Stella Alpina et Fédération Autonomiste –, le gouvernement valdotain actuel dispose d’une assise majoritaire très confortable de 61,95% des voix, soit 23 sièges (sur 35) à l’Assemblée régionale.

 

Compétences de la Région Autonome du Val d’Aoste

(Statut d’autonomie de 1948 – extraits)

 

Art. 2

 

En harmonie avec la Constitution et les principes de l’organisation juridique de la République, et dans le respect des obligations internationales et des intérêts nationaux, ainsi que des dispositions fondamentales des réformes économiques et sociales de la République, la Région exerce le pouvoir législatif dans les matières suivantes:

 

– organisation des services et des organismes qui dépendent de la Région et statut légal et administratif du personnel;

– organisation des collectivités locales et des circonscriptions y afférentes;

– police locale urbaine et rurale;

– agriculture et forêts, zootechnie, flore et faune;

– petites bonifications et travaux d’amélioration agraire et foncière;

– routes et travaux publics d’intérêt régional;

– urbanisme, plans d’aménagement des zones d’importance touristique;

– transports par téléphérique et transports automobiles locaux;

– eaux minérales et thermales;

– chasse et pêche;

– eaux publiques destinées à l’irrigation et aux usages domestiques;

– développement des produits typiques de la Vallée;

– usages ruraux, « consorteries », communautés de copropriétés agraires et forestières, organisation des propriétés culturales minima;

– artisanat;

– industrie hôtelière, tourisme et protection du paysage;

– instruction technique-professionnelle;

– bibliothèques et musées de collectivités locales;

– foires et marchés;

– statuts des guides et aspirants-guides et des écoles de ski;

– toponymie;

– services de défense contre les incendies.

 

Art. 3

 

La Région a le pouvoir d’édicter des normes législatives d’intégration et d’exécution des lois de la République, dans les limites précisées à l’article précédent, pour les adapter aux conditions régionales, dans les matières suivantes:

 

– industrie et commerce;

– création d’établissements de crédit à caractère local;

– expropriation pour cause d’utilité publique pour des travaux n’étant pas à la charge de l’Etat;

– réglementation de l’exploitation des eaux publiques, à usage hydro-électrique;

– réglementation de l’exploitation des mines;

– finances régionales et communales;

– instruction maternelle, primaire et secondaire;

– sécurité et assurances sociales;

– assistance et bienfaisance publiques;

– hygiène et santé, assistance hospitalière et prévention sanitaire;

– antiquités et beaux-arts;

– ravitaillement;

– prise en charge de services publics.

 

Art. 4

 

La Région exerce les fonctions administratives dans les matières pour lesquelles elle a la compétence législative aux termes des articles 2 et 3, à l’exception des matières attribuées aux communes et aux autres collectivités locales par les lois de la République.

La Région exerce en outre les fonctions administratives qui lui sont déléguées par une loi de l’Etat.

 

Sources : http://www.regione.vda.it/default_f.asp

http://www.regione.vda.it/amministrazione/autonomia/statuto2_f.asp

http://www.unionvaldotaine.org/uv/index.php

 

Situation linguistique

 

L’italien est la « langue de tous les jours » au Val d’Aoste : langue des relations familiales dans la plupart des foyers, langue de la vie économique, langue du monde politique. L’italien est aussi, de par la Constitution italienne, la langue de la justice.

 

L’ancrage du français au Val d’Aoste remonte au XIIIe siècle, où il est essentiellement langue de culture. L’appropriation de la langue par le peuple est plus progressive, et ce n’est qu’au XVIe siècle que le français remplace le latin pour la rédaction des actes officiels et l’enseignement : un édit du Duc de Savoie Emmanuel Philibert officialise ce choix en 1561.

Avec le rattachement de la Savoie à la France en 1860, suivi un an après par la proclamation du Royaume d’Italie, la Vallée d’Aoste et la Savoie sont séparées, après huit siècles d’histoire commune. En Vallée d’Aoste, l’Etat italien prend une série de mesures linguistiques visant au remplacement progressif du français par l’italien; ces mesures seront portées à leur paroxysme sous le fascisme, la politique d’italianisation forcée étant alors accompagnée de mesures répressives à l’égard de la communauté francophone. Par ailleurs, l’immigration italophone (près de 38.000 personnes) ainsi que le « déplacement » de près de 26.000 Valdôtains contribuent à la création d’un nouvel équilibre ethnique et linguistique dans la région.

 

Autres parlers locaux

 

Plus d’un tiers des habitants du Val d’Aoste connaissent, en plus de la langue italienne et parfois du français, un dialecte local : le francoprovençal. D’après l’enquête de la Fondation Chanoux, près d’un tiers de la population connaîtrait ainsi l’italien, le français et le francoprovençal. D’autres dialectes, comme le piémontais ou le walser, sont également parlés ponctuellement dans la région.

 

Source : http://www.fondchanoux.org/site/pages/sciencespovda.asp

 

Réalité du bilinguisme

 

En 1900, le francoprovençal était la langue maternelle de 92% de la population de la vallée. Aujourd’hui, la région se proclame bilingue, mais il s’agit plus d’une affirmation identitaire que d’une réalité. Le français est langue seconde, mais n’est pas langue maternelle ou langue de communication publique de la population. La vie sociale se déroule en italien. Sur une population de 126.000 habitants, le français n’est la langue maternelle que de moins de 2% de la population, mais le dialecte francoprovençal ou arpitan est la langue maternelle de 20% des Valdotains. L’italien arrive en tête avec 75% de locuteurs.

 

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Francophonie_en_Vallée_d%27Aoste

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