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HITZA PITZ Allande Socarros

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GOGOETA ASKEAK - PENSÉES LIBRES “Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre.” Georges Orwell

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Offensive de ETA : un bateau ivre qui va vers le naufrage

Allande Socarros —

12 août 2000

Entre le 21 Janvier et le 29 Juillet 2000, ETA a perpétré 17 attentats, dont 10 durant le seul mois de Juillet, et a tué 7 personnes. Trois autres personnes ont réchappé de la mort, après la découverte d'une bombe-ventouse sous leur voiture. Ce mardi 8 Août, jour terrible s'il en sera un: à peine vient-on d'apprendre que 4 membres de ETA sont morts, déchiquetés dans l'explosion de leur voiture, que déjà la mort frappe ailleurs: Jose Mari Korta chef d'entreprise et président de la fédération patronale de la province de Gipuzkoa (Adegi) est tué à Zumaia, par l'explosion d'une voiture piégée garée à proximité de la sienne. Mais il était dit que cette journée n'avait pas encore son saoul de sang, car une autre voiture piégée explosait le soir dans un quartier de Madrid, blessant 11 passants. Le lendemain, l'organisation clandestine choisissait une cible plus "conforme" à la guerre qu'elle livre à Madrid, en tuant un sous-officier de l'armée espagnole à Berriozar (Navarre).

Terrible litanie d'une violence clandestine qui s'emballe, monstrueuses conséquences de deux stratégies dogmatiques qui s'affrontent, effrayante haine de deux camps qui pleurent chacun ses morts et vénèrent ses seuls martyrs, drame de toute une société qui se demande comment elle pourra construire une avenir de justice, de paix et de liberté après tant de sang versé, tant de souffrances endurées, tant de violence répandu. Les mots paraissent dérisoires, tant ils sont si peu aptes à dire l'indicible. Ce qui se passe aujourd'hui en Pays Basque Sud et dans l'Etat espagnol dépasse l'entendement, les garde-fous ont sauté, la folie règne en maître.

Car c'est bien de folle dérive meurtrière qu'il faut parler en se référant à la campagne actuelle de ETA. Une déraison qui reste certes politique dans ses fondements et ses objectifs, mais une déraison quand même. L'abertzale que je suis, le militant engagé que j'ai été et dont les convictions demeurent intactes ne peut pas rester silencieux devant ce déferlement d'inhumanité. Le silence a toujours fait le lit des barbaries, les soutiens inconditionnels sont les remparts des totalitarismes, l'aveuglement justifie toujours l'injustifiable.

 

Les espagnolistes maîtres de l'autonomie ?

Quels peuvent donc être les objectifs que poursuit ETA dans cette offensive sans précédent? Mon analyse n'aura valeur que d'hypothèse, une parmi d'autres, tant il apparaît difficile de cerner la stratégie d'une organisation clandestine qui, plus que jamais, s'arc-boute sur ses certitudes. A mon sens, ETA vise ce que j'appellerai la politique du pire, c'est à dire une situation politique, au niveau du Pays Basque Sud et de l'Etat espagnol, dans laquelle sa stratégie militaire sera la seule référence de la lutte abertzale.

Pour parler plus clairement, il semblerait que ETA cherche à toute force à jeter à nouveau le Parti Nationaliste Basque (EAJ-PNV - démocrate chrétien), au pouvoir dans la Communauté Autonome Basque (3 provinces sur 4), dans les bras du Parti Socialiste d'Euskadi, succursale basque du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Ce serait là un objectif à court terme mais le fin du fin consisterait, par rejet populaire d'une violence tout azimuts, à faire perdre la majorité au Parlement Basque (Legebiltzarra) et donc , de facto, à la présidence du gouvernement autonome (Eusko Jaurlaritza), aux forces nationalistes qualifiées de modérées.

Si ce scénario catastrophe se réalisait, ce serait la première fois, depuis l'instauration de l'autonomie, que le gouvernement des 3 provinces basques d'Araba, Bizkaia et Gipuzkoa échapperait aux nationalistes historiques du PNV. Ce n'est pas du tout une improbabilité, tant le Partido Popular (PP - droite conservatrice espagnole) a progressé, en terme électoral, dans la Communauté Autonome Basque. Le PP majoritaire, avec ou sans l'appui du PSOE - dans une configuration union sacrée des "démocrates" contre les violents, tout est possible - la présidence de la communauté autonome reviendrait à Jaime Mayor Oreja, l'actuel ministre de l'intérieur du gouvernement central de José Maria Aznar. Un faucon parmi les faucons.

 

Un bateau ivre qui va vers le naufrage

Si l'hypothèse que je formule a quelque vraisemblance - mais je ne demande qu'à me tromper - ETA est en passe de réussir la première partie de sa stratégie de l'affrontement sans concession. Déjà les anathèmes et les insultes sont à nouveau de mise contre les responsables du PNV accusés de se préparer à pactiser avec les forces espagnolistes (alors même que ETA fait tout pour que cela se réalise...), les batzoki (lieux de réunion des cellules de base du PNV) sont à nouveau attaqués, les autobus et les guichets bancaires automatiques ont recommencé à flamber, les rues des grandes villes du Pays Basque Sud reprennent des allures de Belfast.

Belfast... La référence est, de ma part, tout à fait volontaire. Car ce climat de guerre civile larvée, cette volonté de cimenter un antagonisme total entre deux camps inconciliables, celui des 'vrais' abertzale et celui des espagnolistes alliés aux 'réformistes' tout justes bons à gérer une autonomie au rabais, cette glorification manichéenne de la lutte abertzale matissée de culte des martyrs, tout cela peut se traduire par un barbarisme certes hideux mais hélas bien significatif d'une réalité: l'ulsterisation.

Dans cette perspective du pire, ETA ne semble y voir qu'avantages. L'organisation clandestine se réaccaparerait l'étiquette de la seule vrai force de résistance à l'ennemi espagnol et elle resterait, surtout, seule à la barre. Même si c'est celle d'un bateau ivre qui va vers le naufrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les nouvelles lignes de fracture du mouvement abertzale en Pays Basque nord

 

09 janvier 2002

L'intrusion, en juin 2001, sur la scène abertzale (nationaliste) du mouvement Batasuna (Unité), clairement téléguidé depuis le Pays Basque sud, a sensiblement modifié la donne politique en Pays Basque nord. Depuis cet événement, aux allures de passage en force, les lignes de fracture qui prévalaient ces dernières années, voire même depuis deux bonnes décennies, ont connu une modification notable. Batasuna qui remplace aujourd'hui le parti politique abertzale de gauche Herri Batasuna (Unité Populaire) et Euskal Herritarrok (Citoyens Basques), son prolongement électoral et institutionnel, a l'ambition d'être un mouvement politique agissant sur les 7 provinces basques, en faisant abstraction de la frontière érigée par les Etats espagnol et français.

Le credo de Batasuna pourrait donc se résumer ainsi: un seul pays, une seule stratégie, un seul mouvement politique abertzale de gauche. Cette velléité uniformisatrice qui, d'un coup de baguette magique, prétend balayer des évolutions historiques, des niveaux de conscience indentitaire, des situations politiques et même des modes de pensée et de vie bien différents était formulée dans une rhétorique un tant soi peu ampoulée mais cependant révélatrice, dans le manifeste Batasuna diffusé courant avril 2001.

 

Une argumentation incantatoire et dogmatique

Dans ce document on pouvait lire ainsi l'argumentaire suivant . "L'épuisement des cadres institutionnels qui divisent notre pays en plusieurs structures administratives, exige un nouveau scénario de démocratie. Il s'agit d'un défi historique qui passe par la rupture des amarres avec les Etats qui nous oppriment, en avançant fermement vers la construction nationale et la transformation sociale d'Euskal Herria (Le Pays Basque), parce que nous avons décidé de poser les bases de notre identité pour l'avenir, dès maintenant, en construisant la grande maison de l'indépendance, sans demander l'autorisation à personne. A cette fin, nous avons besoin d'une nouvelle organisation qui regroupe la totalité du Pays Basque de l'Adour jusqu'à l'Ebre (...)".

Tout est dit, dans ce passage, de la vision schématique ("l'épuisement des cadres institutionnels"), incantatoire "exige un nouveau scénario de démocratie"), dogmatique ("défi historique qui passe par la rupture des amarres avec les Etats qui nous oppriment"), hégémonique ("nous avons décidé de poser les bases..."), d'un monde qui se nourrit de ses seules certitudes et où la moindre discordance interne est bannie. On n'est vraiment pas loin des schémas de pensée sectaires que j'aurais l'immodestie de prétendre connaître un peu. Néanmoins, dans ce même libelle, Batasuna s'essayait à définir la quadrature du cercle, à savoir, "l'unité dans la pluralité (qui) doit être la base de l'organisation: une seule ligne d'action respectant la pluralité des idées (...)".

Il apparaît toutefois que cette démarche si généreuse, si bienveillante n'a pas eu l'heur de plaire au sein d'Abertzaleen Batasuna (Unité Abertzale), d'abord coalition électorale puis plate-forme politique plutôt hétérogène, qui s'est voulue toutes ces dernières années la représentation politique du mouvement nationaliste de gauche en Pays Basque nord. Abertzale Batasuna dont beaucoup de promoteurs et têtes de proue ont pourtant une longue histoire de proximité politique avec ETA a rué dans les brancards lors de son Assemblée Générale, le 6 octobre 2001.

 

La motion des 80 gagne par la majorité des deux tiers

Ce jour là, face aux thèses défendues par les tenants du projet Batasuna, une coalition quelque peu hétéroclite constituée quelque temps auparavant a présenté un texte intitulé "motion des 80" en référence au nombre de signatures qui le soutenait. Dans un mouvement abertzale où, ces dernières années, la confrontation d'idées a été paralysée, la réflexion politique sclérosée, le débat confisqué, le travail politique abandonné, le niveau de revendication altéré, la démocratie interne bafouée, les termes de la motion des 80 et les échanges de points de vue qui ponctuèrent l'Assemblée Générale d'AB allaient montrer que quelque chose venait de se passer dans le positionnement par rapport à ETA et à son expression politique publique qu'est, de fait, Batasuna.

Evoquant, fort modérément tout de même, le travail de sape effectué durant de longs mois par les relais politiques pro-ETA au sein d'AB et la tentative de passer en force, la motion des 80 précisait: "A aucun moment, Batasuna n'a tenu compte du calendrier politique en Pays Basque nord et n'a voulu entendre l'avis majoritaire des abertzale d'Iparralde (du nord) à son sujet". Il était bien temps de se rendre compte d'un état de fait qui dure pourtant depuis le moment où le mouvement abertzale a émergé en Pays Basque nord !...

D'après le compte rendu de l'AG effectué par l'hebdomadaire abertzale Ekaitza, certaines prises de parole ne furent pas tendres pour Batasuna accusé "d'avoir voulu réaliser une OPA sur Abertzaleen Batasuna, de ne pas respecter le rythme et les spécificités du Pays Basque nord, d'avancer en rouleau compresseur (...)". Au terme des discussions de l'Assemblée Générale, la "motion des 80" allait recueillir une majorité du plus des deux tiers des votes et surclasser, donc, la motion Batasuna. La victoire de cette option signifierait qu'AB, refusant de se fondre dans une "stratégie nationale" à la sauce Batasuna, entendrait occuper spécifiquement le terrain politique en Pays Basque nord.

 

Fracture consommée ou stratégie à double facette ?

Depuis ce 6 octobre 2001 donc, il existe deux partis politiques se réclamant de la gauche abertzale en Pays Basque nord, même si Batasuna revendique, en ce qui le concerne, la dimension nationale. On pourra certes m'objecter de schématiser mais il n'en demeurera pas moins que c'est le positionnement du mouvement abertzale pro-ETA en Pays Basque sud par rapport à la lutte nationaliste menée- et à mener - en Pays Basque nord qui constitue aujourd'hui encore une ligne de fracture.

Elle est cependant nouvelle, par référence aux vingt ou trente dernières années, en ce sens que ce sont des secteurs qui étaient jusqu'alors été plus ou moins solidaires de ETA et en tous cas peu enclins à s'investir dans une lutte politique spécifique au nord qui sont aujourd'hui traversés par la controverse. C'est une donnée tout à fait nouvelle qui risque d'avoir des prolongements, en particulier sur le regard que les jeunes générations d'abertzale pourraient porter sur l'emprise exercée et sur les intérêts défendus par le monde gravitant autour de ETA.

Même si la stratégie de fuite en avant menée par ETA a pu, sinon effrayer, du moins gêner, certains de ses soutiens traditionnels, il ne faut pas toutefois écarter complètement l'hypothèse d'une stratégie à double facette, l'une défendant la ligne pure et dure représentée par Batasuna, l'autre s'intégrant dans les axes politiques d'Abertzaleen Batasuna pour jouer une carte plus "soft" et être dans la place au cas où cette démarche prospérerait. Mettre deux fers au feux n'a jamais gêné ETA et je sais l'organisation clandestine capable de calculs aussi retors. S'il y a bien une ligne de fracture qui s'est opérée dans les soutiens traditionnels à ETA en Pays Basque nord, il n'est pas dit qu'elle soit aussi nette que le laisserait supposer le résultat de l'Assemblée Générale d'Abertzaleen Batasuna.

 

Un Pays Basque pluriel composé de singularités

Le discours public d'Abertzaleen Batasuna est toujours aussi ambigu au sujet de l'articulation entre la lutte abertzale en Pays Basque nord et ses expressions - y compris violentes - en Pays Basque sud. On y décèle toujours un lien, plus ou moins ténu, de subordination du nord par rapport au sud. Un Pays Basque sud considéré d'ailleurs comme une entité homogène, alors que des différences très sensibles de conscience nationale existent entre les trois provinces d'Araba, Bizkaia et Gizpukoa regroupées dans la Communauté Autonome Basque et la province de Navarre (Nafarroa) instituée en Communauté Forale.

Certes cette situation est le fait du prince, c'est à dire de Madrid, mais elle repose aussi sur de réelles dissemblances façonnées par les vicissitudes historiques. En Navarre, mère pourtant de tous les Pays Basques, la conscience nationale basque est noyée sous un pseudo-particularisme qui se dit régionaliste mais est, en fait, tout à fait espagnoliste. En Navarre, l'expression politique abertzale, toutes sensibilités confondues, est minoritaire et, à bien des égards, n'était-ce des contextes historiques différents, la situation socio-politique de cette province basque est plus proche de celle du Pays Basque nord que de celle de la Communauté Autonome Basque.

Le discours incantatoire de Batasuna balaie ces réalités indéniables par la grâce de la langue de bois mais Abertzaleen Batasuna ne lui cède en rien sur ce plan là. Reconnaître la diversité de situation ne signifie pourtant pas que l'on tire un trait sur une perspective d'avenir commun. Cela veut simplement dire que chaque situation particulière doit avoir sa réponse appropriée, sa méthode adaptée, son rythme propre. Le Pays Basque est pluriel et il faut tenir compte de ses singularités. Batasuna, l'unité, ne se décrète pas, même pour l'objectif d'un Pays Basque maître de ses choix et libéré de toute tutelle.

Dans sa composition actuelle pour le moins disparate, avec un catalogue de revendications voire de simples mots d'ordre qui lui tient lieu de programme politique et un flou artistique sur sa vision des relations entre les diverses entités du Pays Basque, Abertzaleen Batasuna ne parait pas être un instrument de travail politique très crédible. Des gens venus d'horizons politiques divers, autrefois à couteaux tirés, aujourd'hui réunis autour d'objectifs minimalistes - un département de Pays Basque, une Chambre d'Agriculture basque, une université de plein exercice -, un positionnement idéologique nébuleux, une structuration réduite à sa plus simple expression et un travail politique local inexistant ne peuvent être dissimulés derrière une présence médiatique à coups de communiqués ou de conférences de presse.

 

Autonomie abandonnée, indépendance abdiquée

La ligne de fracture Batasuna - Abertzaleen Batasuna n'est pas la seule qui se soit faite jour, en cette année 2001, dans le monde abertzale en Pays Basque nord. Une autre s'est opérée au sein de la mouvance EMA (Ezkerreko Mugimendu Abertzalea - Mouvement de la Gauche Abertzale) dont le positionnement stratégique, depuis sa création en 1986, était de conduire un processus politique autonome en Pays Basque nord. Il faut croire que ce ne fut jamais qu'un vœu pieu car EMA n'a, non seulement, jamais pris à son compte l'élaboration d'un projet politique cohérent mais, de surcroît, a été parfaitement incapable de porter et de populariser la revendication de l'autonomie interne et du projet de société y afférent.

Aujourd'hui cette proposition de statut d'autonomie et le projet de société connexe sont en passe d'être remis sur le devant de la scène par le collectif Eraiki (Construire) crée en novembre 2001. L'autodissolution d'EMA, toujours ce même mois de novembre, opération que certains membres qualifient de sabordage sciemment préparé par les sphères dirigeantes, a entraîné ce qu'il faut bien appeler une scission. Les membres de la structure de coordination qui se contentaient de garder la marque déposée et qui pour la plupart ont été candidats à des élections locales - comme c'est curieux! - ont choisi la fusion au sein Abertzaleen Batasuna.

Un autre partie des membres d'EMA rejoints par des abertzale en rupture de militantisme toutes ces dernières années ont de ce fait pris la décision de lancer la démarche Eraiki. Celle-ci se fonde donc sur la volonté de populariser la revendication de l'autonomie et de porter un projet politique clairement ancré à gauche. La ligne de fracture qui a traversé EMA et les secteurs militants qui en avaient été proche ne trouve pas son origine dans un rapport de force nord - sud mais dans des visions, sans doute assez antagoniques, du travail politique, du rôle des militants et de l'articulation d'un mouvement politique avec les élus qui en sont issus. L'histoire se chargera de trancher quelle conception politique était le plus en prise avec la société basque.

 

Parti Nationaliste Basque : le sud a encore perdu le nord !

Une dernière ligne de fracture enfin a déjà quelques mois d'ancienneté, qui a traversé la représentation en Pays Basque nord du Parti Nationaliste Basque (EAJ-PNV, démocratie chrétienne), mouvement politique abertzale largement majoritaire dans la Communauté Autonome Basque. A l'origine de la création de la première structure officielle du PNV en Pays Basque nord, les membres du collectif Euskal Elkargoa (Société Basque) portait en place publique, via le mensuel Ager (Paraître), la sensibilité démocrate-chrétienne et s'efforçaient de défendre à la foi un lien organique avec le parti au pouvoir dans la Communauté Autonome au sud et une vision autonome, en phase avec la situation socio-politique au nord.

Il semblerait bien que ce souci d'autonomie n'agréait pas vraiment à la direction PNV du sud et au terme de sourdes manoeuvres les adhérents historiques d'Euskal Elkargoa furent supplantés par les succursalistes bon teint, qui appliquent sans état d'âme et le doigt sur la couture du pantalon, les consignes comminatoires venues de Bilbao. Il est depuis lors tout à fait intéressant et instructif de comparer les analyses et commentaires au sujet des mêmes événements, dans les pages de Ager et de Lema (Le gouvernail), mensuel édité par les succursalistes.

On ne sera pas surpris, à la lecture de Lema, de constater que les succursalistes qui ont pris le pouvoir au sein du PNV-Iparralde (nord) ont une vision politique finalement assez proche de celle de Batasuna, à savoir qu'il ne doit, selon eux, exister qu'une seule stratégie politique pour un seul parti politique... entre Adour et Ebre, pour reprendre la formule Batasuna. Pour terminer sur une manière de boutade, on pourrait dire que faire référence aux deux fleuves en question ne coule pas vraiment de source, car si l´Ebre sourd des Monts Cantabriques et coule naturellement vers le sud, l'Adour, né de nos chères Pyrénées, a choisi, tout aussi naturellement, de mettre cap sur le nord!...

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